Financement hôtelier 2026 : cap sur les risques et les opportunités dans un contexte géopolitique sous tension

EXTENDAM et Bpifrance ont organisé la deuxième édition du Club Banques Tourisme, un webinaire consacré aux tendances du marché hôtelier et, plus particulièrement, au financement hôtelier 2026 dans un contexte géopolitique sous tension. Voici les enseignements clés de cette rencontre entre financeurs, investisseurs et experts du secteur.
Le fil rouge du webinaire
Dans un monde plus incertain, l’hôtellerie reste une conviction d’investissement. Mais la performance de demain sera moins automatique : elle reposera sur la qualité de la sélection et sur la capacité collective à financer une offre française moderne, performante et compétitive.
Dans un environnement de « permacrise » — marqué par la succession de chocs monétaires, inflationnistes, géopolitiques et énergétiques — le secteur hôtelier continue de démontrer une résilience supérieure à celle de nombreuses autres classes d’actifs immobiliers.
Le contexte reste néanmoins plus complexe qu’au cours des dernières années. La remontée des taux, la volatilité des prix de l’énergie, les tensions sur les coûts et les effets de second tour de l’inflation pèsent sur les valorisations, les transactions et les performances opérationnelles. Le marché est ainsi devenu nettement plus sélectif : les écarts se creusent entre pays, gammes, établissements et opérateurs.
Pour autant, les fondamentaux de l’hôtellerie restent solides. La demande touristique demeure puissante, portée par le besoin croissant de voyager et de vivre des expériences, le dynamisme des clientèles internationales, la redirection de certains flux vers l’Europe et la force de l’événementiel. L’Espagne et l’Italie affichent des performances particulièrement dynamiques, tandis que la France reste très bien positionnée, notamment sur le haut de gamme et les destinations de loisirs.
Le principal enjeu du financement hôtelier en 2026 n’est donc pas de savoir s’il faut continuer à financer l’hôtellerie, mais de sélectionner les bons projets. Dans un marché de plus en plus exigeant, la performance repose sur une combinaison précise : une bonne géographie, une gamme adaptée, un produit répondant aux nouveaux usages et, surtout, des investisseurs et exploitants de qualité — une conviction que porte également la stratégie d’investissement hôtelier d’EXTENDAM.
Le message collectif adressé aux financeurs est clair : la France doit continuer à investir pour maintenir la compétitivité de son offre face à des pays comme l’Espagne et l’Italie, qui ont mené depuis plusieurs années des politiques ambitieuses de développement et de modernisation de leur parc.
Les messages clés par intervenant
Quatre intervenants se sont succédé lors de ce webinaire pour partager leur lecture du marché et des enjeux du financement hôtelier.
Béatrice Guedj, Head of Research & Innovation chez SwissLife Asset Managers, a rappelé que la performance ne viendra plus seulement du choix de l’hôtellerie comme classe d’actifs, mais de la capacité à sélectionner la bonne géographie, la bonne gamme et les bons acteurs.
Vanguelis Panayotis, Président de MKG Consulting, a résumé l’enjeu du secteur en une phrase : le sujet n’est pas d’investir dans l’hôtellerie du passé, mais de financer la bonne offre, au bon endroit, avec les bons acteurs.
Virginie Si-Hassen, Directrice des Partenariats et du Pilotage des Plans Stratégiques Tourisme chez Bpifrance, a insisté sur la responsabilité collective des partenaires bancaires et investisseurs à contribuer à constituer un parc hôtelier français performant.
Bertrand Pullès, Co-Founder & Managing Partner d’EXTENDAM, a quant à lui souligné que les turbulences politiques sont conjoncturelles, tandis que la solidité des fondamentaux de l’hôtellerie reste structurelle et continue de surpasser celle de la plupart des autres classes d’actifs immobiliers.
L’essentiel en 7 points sur le financement hôtelier 2026
- L’hôtellerie reste l’une des classes d’actifs immobiliers les plus résilientes dans un environnement de permacrise.
- La demande touristique demeure structurellement puissante : les consommateurs continuent de placer le voyage et l’expérience au rang de priorité.
- Le marché devient plus sélectif : les écarts de performance se creusent entre pays, gammes, actifs et opérateurs.
- Le haut de gamme et les destinations de loisirs restent les segments les plus dynamiques, tandis que l’économique et l’hôtellerie d’affaires nécessitent davantage de vigilance.
- L’Espagne et l’Italie démontrent qu’une politique ambitieuse d’investissement dans l’offre produit des résultats.
- La France dispose de tous les atouts pour rester une destination leader, mais elle doit continuer à moderniser et développer son parc.
- Pour les financeurs, le mot d’ordre est la sélectivité, pas le retrait : un bon produit, au bon endroit, avec le bon investisseur et le bon exploitant, doit être financé.
Ce Club Banques Tourisme confirme ainsi la place de l’hôtellerie comme classe d’actifs de conviction pour 2026, à condition de miser sur la qualité de la sélection plutôt que sur le volume. Pour aller plus loin, retrouvez l’ensemble des actualités et analyses d’EXTENDAM sur le marché hôtelier européen.



